Le seuil des 8 milliards d’humains sur Terre sera franchi le 15 novembre, selon les projections de l’ONU. Nombreux s’alarment du fait que la pression qu’exerce l’humanité sur la planète serait la cause première des crises environnementale, climatique et agraire auxquelles nous faisons face.
Et pourtant… La population mondiale a atteint un pic de croissance il y a soixante ans, atteignant 2 % par an. Son taux de croissance a depuis été divisé par deux. Conséquence : la Terre abritera probablement entre 8,9 et 12,4 milliards d’humains en 2100, et non pas 15 ou 20 milliards.
Les ressources naturelles de la planète suffiront-elles à nourrir durablement 10 milliards d’individus ? Oui, à condition d’opter pour des pratiques agricoles inspirées de l’agroécologie, radicalement différentes du modèle agricole industriel privilégié aujourd’hui. Elles auraient notamment l’intérêt de minimiser le recours aux engrais de synthèse et aux pesticides, tout autant que de réduire les émissions de CO2 du secteur agricole. Et de repenser la valorisation du travail agricole et les équilibres des échanges alimentaires mondiaux.
Une telle bifurcation devrait appeler un retour massif de la main-d’œuvre dans les champs. Y sommes-nous disposés ?
Title: Pour La Science # 541, November 2022
Series: Pour La Science
Item Number: POURLASCIENCE202211
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